Le-Bonheur-des-Mots

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La vache de Villard de Lans (vraie histoire à ne pas croire) (Gérard Policand)

La vache de Villard de Lans (vraie histoire à ne  pas croire) 

  

Il y avait autrefois, sur le plateau de VILLARD DE LANS, une petite vache, ses poils étaient d’un gris terne, ses cornes lui retombaient sur les yeux, sa mamelle était si petite qu’elle pouvait à peine nourrir ses petits veaux…Elle n’était pas belle, notre petite vache ! mais elle avait un cœur gros COMME CA ! !Jamais elle ne refusait de rendre service, elle était toujours disponible pour faire plaisir aux autres……C’était encore au temps où les bêtes parlaient. Un jour que notre petite vache broutait dans le marais, elle s’entend appeler : « MADAME ! MADAME ! S’IL VOUS PLAIT ! »Elle regarde autour d’elle, elle ne voit rien…Elle regarde mieux,…elle voit un énorme ours brun  qui s’était aventuré dans une mare au fond gluant et qui s’enfonçait comme dans des sables mouvants. La petite vache a peur de l’ours !…….D’un coup de griffe, il pourrait l’éventrer « AU SECOURS ! SINON JE VAIS MOURIR ! » crie l’ours. Alors, elle n’hésite plus, elle s’approche en tendant le bout de sa corne gauche. L’ours s’accroche à la corne, et ….CRAC !….Cela lui fait très mal, à la petite vache, le sang coule le long de son nez, elle pousse un beuglement de douleur et fait un tour du champ….mais, quand elle se retourne, elle voit que l’ours a maintenant de la boue jusqu’au ventre…Alors, elle revient et tend sa corne droite le plus possible, pour que l’ours s’accroche bien au ras de la tête. Elle commence à tirer en arrière, l’ours remonte un peu…CRRRAAC ! Dans un hurlement de douleur, elle fait vingt-cinq tours du terrain sans regarder où elle va, aveuglée par le sang qui ruisselle le long de son naseau….au risque même de s’enfoncer à son tour dans la boue……Mais l’ours appelle toujours : il a maintenant de la boue jusqu’au cou….Alors, la petite vache n’écoute que son grand cœur, malgré sa peur, malgré sa douleur, elle tend sa tête. L’ours s’accroche à son cou comme un bébé au cou de sa maman, et, doucement, doucement, la vache tire en arrière, elle tire, elle tire, ELLE TIRE….. l’ours commence à sortir de la boue : ses épaules apparaissent, son torse, son ventre sont bientôt hors de l’eau, ses pattes en s’agitant approchent du bord solide de la mare…. Il est sauvé! 

« Merci beaucoup, dit l’ours, vous êtes bien aimable…mais je suis ennuyé : j’ai cassé vos deux cornes…écoutez, j’ai un ami qui est un peu sorcier, je vais aller le voir, je lui demanderai ce qu’il peut faire, je reviendrai d’ici un jour ou deux. »Et l’ours s’en va en se dandinant dans la plaine….La petite vache a très mal à sa tête le premier jour, le deuxième jour, le troisième jour, très mal encore le quatrième jour…L’OURS N’EST PAS REVENU…C’EST DONC QU’IL NE TIENT PAS SES PROMESSES ? ? ! !Pourtant, un jour où la petite vache buvait dans une mare, elle a vu qu’à la place de ses horribles cornes qui lui tombaient dans les yeux, avaient poussé deux magnifiques cornes en forme de lyre et couleur de miel , semblables à celles de la déesse ATHOR des EGYPTIENS. La petite vache a bien vite compris qu’il s’agissait d’un cadeau de l’ours….. mais, depuis ce jour-là, dès qu’elle l’apercevait, l’ours faisait semblant de ne pas la voir, et il partait de l’autre côté….Pas moyen de lui dire merci. Au début de l’hiver, la petite vache était allée se mettre à l’abri du froid et de la neige sous les arbres de la forêt. Un jour qu’elle passait près d’un grand sapin, elle entendit : « HOU ! HOU ! madame, s’il vous plaît ! » ELLE REGARDE PARTOUT , ELLE NE VOIT RIEN….elle regarde mieux….elle voit un vieux loup pelé, malade et grelottant de fièvre…La petite vache a peur du loup !….mais elle a un grand cœur !…. « Que puis-je faire pour vous ?Cououchez vouous contre moi, vouous me réchaufferez ! »Se coucher contre le loup ? !…D’un coup de mâchoire, il pourrait l’égorger !…et si c’était un piège ?….Mais pouvait-elle laisser le loup sans aide et sans assistance ?Elle s’approche et se blottit contre le loup pour le réchauffer. Au  bout d’une semaine, le loup était guéri, mais, en gigotant dans sa fièvre, il avait arraché tous les poils de la petite vache.« Merci beaucoup ! dit le loup, vous êtes bien aimable, mais je suis ennuyé : j’ai arraché tous les poils de votre robe…Ecoutez ! J’ai un ami qui est un peu sorcier, je vais aller le voir, je lui demanderai ce qu’il peut faire…je reviendrai d’ici un jour ou deux »Et le loup s’en va, en se faufilant entre les arbres….La petite vache a très froid le premier jour, très froid, le deuxième jour, et aussi le troisième jour, et encore le quatrième jour…LE LOUP N’EST PAS REVENU, C’EST DONC QU’IL N’A PAS DE PAROLE…Pourtant ! !au bout de quelques jours, il lui semblait que le froid était moins mordant…et voilà qu’un jour, en marchant sur le lac gelé, elle voit son image dans la glace comme dans un miroir et quelle n’est pas sa surprise de constater qu’à la place de ses poils gris ternes et laids poussaient une magnifique toison d’or comme celle de la déesse ATHOR des EGYPTIENS. La petite vache aurait bien aimé remercier le loup, mais dès qu’il l’apercevait, il fuyait de l’autre côté et faisait semblant de ne pas la voir.A la fin de l’hiver, la petite vache a eu un petit veau…..Elle avait bien du mal à le nourrir avec sa mamelle minuscule…C’était pitié de l’entendre pleurer : « MEUH ! MAMAN J’AI FAIM ! »…Elle en était bien triste, la petite vache….Et voilà qu’un jour, alors qu’elle broutait près d’une haie, elle entend : « SSSS SSSS SSSS Madame SSSS’il vous plaît »…Elle regarde partout, elle ne voit rien !…Elle regarde mieux…elle voit un serpent qui se tortillait dans les herbes….Mouh !ces bêtes qui se tortillent font peur à la petite vache, cela lui fait hérisser tous les poils…MAIS ELLE A UN GRAND CŒUR !… « Madame, au SSSSECOURS ! »…. « Que puis-je pour vous ? _Madame, je me SSSuis empoisonné, j’ai besoin…d’un verre de lait. Ah ! ça ! Monsieur le serpent, je ne peux pas vous en donner : je n’en ai même pas assez pour mon petit veau. Eh ! bien ! madame, reprit le serpent, SSSSi vous ne me donnez pas un verre de lait, je vais mourir ! »Notre petite vache est bien ennuyée : si elle ne donne pas de lait au serpent, il va mourir…mais si elle lui donne ce qu’il demande, son petit veau qui a toujours faim, aura encore plus faim….il ne mourra pas…« Ecoute, petit veau, tu es bien malheureux, mais le serpent est plus malheureux que toi. Tu dois apprendre à partager »…Elle lève sa cuisse, le serpent se dresse, s’accroche à la mamelle, avale un verre de lait…MAIS, avec ses crochets, il a percé deux trous dans le pis !Le serpent était sauvé : « Merci beaucoup, dit le serpent, vous êtes bien aimable, mais je suis ennuyé : j’ai percé votre pis…Ecoutez ! J’ai un ami sorcier, je vais aller le voir, je lui demanderai ce qu’il peut faire …Je reviendrai d’ici un jour ou deux… ».PAUVRE PETIT VEAU ! on l’entendait pleurer à l’autre bout de la plaine, le premier jour… Un peu moins le deuxième jour, presque plus, le troisième….Le quatrième jour, il ne disait plus rien du tout, et il était tout froid. LE SERPENT N’ETAIT PAS REVENU C’EST DONC QU’IL NE TIENT PAS SES PROMESSES !…Tristement, la petite vache se blottit contre son petit pour le réchauffer comme elle l’avait fait avec le loup…A un instant, le petit museau toucha la mamelle. I    l       s    ‘    o    u   v     r    i     t          l    e     n     t     e     m     e     n     t          u     n     e          f     o      i     s……..          d   e   u   x      f   o   i   s ….     t  r  o  i  s      f  o  i  s,    q u a t r e   f o i s ,cinq fois, six fois, dix fois, cent fois, mille fois !« MAMAN ! COMME TON LAIT EST BON AUJOURD’HUI ! ET COMME IL EST ABONDANT ! JE N’ARRIVERAI JAMAIS A TOUT BOIRE ! »….Et la petite vache, en se penchant, vit qu’à la place de sa petite tétine avait poussé une énorme mamelle pleine de bon lait crémeux !…La petite vache a bien compris qu’il s’agissait d’un cadeau du serpent, mais, chaque fois qu’elle l’apercevait, il faisait semblant de ne pas la voir. C’est depuis ce temps, que vit sur le plateau de VILLARD DE LANS, une vache blonde, aux cornes en forme de lyre et couleur de miel, à la mamelle généreuse, mais, surtout, AVEC UN CŒUR GROS COMME CA !Quant au loup, à l’ours, et au serpent, qui ne veulent pas être remerciés, ils sont comme ces adolescents que des vieux grognons croient méchants : ils n’aiment pas, eux que l’on croit  dangereux, que l’on sache que, dans le fond, ils ont un cœur d’or ! 



02/03/2017
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