Le-Bonheur-des-Mots

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La longue histoire du Grumelus simplex vulgaris (Serge JB)

La longue histoire du Grumelus simplex vulgaris.

 

Un pan entier de la recherche est resté vierge d'étude et de synthèse, et ceci depuis plusieurs millénaires : la lignée grumeleuse, qui s'est particulièrement développée depuis le pilon et la meule à grains.

On relève la trace des premiers exemplaires de grumelus simplex vulgaris, dans un pain azyme fossile daté du Pléistocène moyen grâce à un procédé au carbone double feuille.

Beaucoup de temps est passé sans que la compréhension de leur origine soit acquise, mais comme toujours dans les phénomènes scientifiques non linéaires, 
une découverte sans rapport avec le sujet, qui procura d'ailleurs le prix Nobel à son auteur, donna une clef à cette prometteuse recherche.

Pierre Felipe D'Eugène, super cador en matière condensée au laboratoire des taches indélébiles de Madrid, avait établi les lois de base qui gouvernent l'agglomération 
des particules au sein d'un milieu hétérogène sous l'effet des forces inter moléculaires délivrées par l'agitation d'un fouet à six branches.

Cette définition savante mais totalement inexploitable dans une langue vivante quelconque, avait, sans qu'elle s'en fut doutée une seconde, été vérifié à plusieurs reprises par Marie Adèle Plinchon, spécialiste du chouros frit.

Cette gente damoiselle de quarante deux balais, avait remarqué, que le mélange de farine de blé avec gluten, d'eau et d'huile d'arachide de seconde pression, 
faisait naître, lorsque les conditions de pression et de température étaient établies entre le 2 septembre et le 18 février, des corps étrangers, fermes et autonomes, qui lui mettaient son chiffre d'affaire par terre.

Elle avait bien tenté d'isoler ces particules, puis de les disséquer à l'aide d'un laguiole qu'elle tenait de son frère. Même en approchant son œil au plus près de la coupe, elle n'avait pu observer le système nerveux central de l'objet.

Marie Adèle Plinchon était une fameuse créatrice de chouros frits, appréciés pour leur parfait assaisonnement et leur croustillante extrémité, mais elle avait de sérieuses 
carences en chimie de la matière condensée, en physique quantique et en biologie moléculaire.

Ce qui ne l'empêchait pas d'avoir une belle voiture de sport dans son garage, confirmant ainsi l'indépendance du phénomène automobile avec le statut socioculturel.

Ce qu'elle ne savait pas encore, c'est qu'elle assistait in situ à l'éclosion de lignées de grumelus simplex vulgaris, étonnants petits corps constitués, 
pourvus d'un développement autonome et capable de s'accoupler pour former de proche en proche de véritables colonies. 
En faisant un effort de mémoire, chacun d'entre nous a un jour (ou une nuit pour les insomniaques), été victime d'une colonisation sauvage de leur sauce béchamel 
ou de leur pâte à crêpe ou même de leur "quatre quarts" par ces étonnants organismes.

Le grumelus simplex vulgaris n'a pas de prédateur naturel. On ne connaît à ce jour qu'une seule parade à leur envahissement : la passoire à trous fins ou mieux, le "chinois" à racloir et rouleau de pressage intégré.

Une variété domestique de cette lignée désignée plus populairement comme "grumeau" sévit actuellement dans de nombreuses cuisines, 
et nous ne pouvons que trop inciter les usagers contaminés à se débarrasser immédiatement des colonies gluantes par broyage fin au mixer ou transfert immédiat dans la cuvette des toilettes.



07/10/2016
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