Le-Bonheur-des-Mots

Le-Bonheur-des-Mots

Comment mamie Rose a crevé son pneu le jour de noël (Amandine B.)

 

C’est la première année que Janna viendra et papi Jo veut que tout soit parfait. Il se demande si elle aimera mamie Rose et ses biscuits si durs qu’on ne peut les croquer qu’imbiber dans du thé.

Là-bas, dans le désert, les petites filles ne connaissent rien à la magie de noël. Mais papi Jo a tout prévu : une barbe, une chemise rouge achetée en solde. Et si son vieux pickup n’a pas de peinture métallisée, il fera tout de même un bon traineau.

Il se demande si à quatre ans on peut apprendre à aimer un grand-père qu’on n’a jamais vu. Peut-être qu’elle le trouvera trop vieux ou qu’elle n’aimera pas le poney déguisé en renne. Sauf si elle ne connait pas les rennes. Là, elle pourra y croire.

Papi Jo lisse une fois encore sa chemise de flanelle. Il entend l’aiguille trotter. Mamie Rose s’affaire en cuisine même si tout est prêt. Il reste toujours un détail. Une tâche à gratter, une poignée à lustrer.

Jenny ne devrait plus tarder. C’est elle qui est allée chercher les petits à l’aéroport. Il y a trop de monde dans ce labyrinthe de routes entrelacées et de parkings empilés. « Une foire de tous les diables ! », disait mamie Rose.

Soudain, il entend les pneus sur les gravas. Son cœur, depuis trop longtemps dans l’attente, manque un battement. Il lisse une dernière fois sa chemise. Mamie Rose est déjà à la porte. Mais c’est lui qui l’ouvre alors qu’elle lui prend le bras. Sur leurs visages, ils ont posé leurs plus beaux sourires.

Jack…

Voilà sept ans qu’ils n’ont pas vu leur fils. Mais ses cheveux sont toujours aussi blonds.
Puis ils aperçoivent deux petites baskets roses. Janna apparait dans son jean et son gros pull blanc. Pour la première fois, ils s’émerveillent du caramel de sa peau et de la noirceur de ses grands yeux. Le balancement de ses petites couettes brunes sera pour toujours un souvenir précieux.

« Désolée pour le retard ! leur crie Jenny depuis la fenêtre ouverte. Tout le grand nord s’était donné rendez-vous sur les boulevards ! »

Papi Jo lui fait un signe de la main.

« Vous viendrez ce soir au spectacle, Danny compte sur vous ! »

Papi Jo opine du chef. A l’arrière de la petite voiture bleue, il aperçoit la frimousse de Danny dont les joues sont constellées de petites tâches noires. Sur son nez, un postiche figurant le museau d’un renne et sur sa tête, un paire de bois en plastiques. La voiture repart.

Jack et Janna se tiennent seuls sur les gravas blancs.


Janna n’a pas fini son biscuit, même trempé dans son chocolat. Mais elle a mis sa petite main dans celle de mamie Rose. Elles marchent toute les deux devant eux. Et c’est une vision qui remplit de bonheur le regard usé de papi Jo.

« Elle est belle et gentille, dit-il à Jack. »

Jack ne dit rien, mais il sourit.

« On est heureux que tu sois là. Que vous soyez là, tout les deux. »

« On est heureux aussi, P’pa. »

En approchant de la petite place du village, Janna découvre le sapin illuminé. Les décorations sont modestes mais elles brillent de mille feux dans ses grands yeux noirs.

Danny les repère de loin et galope vers eux dans son costume.

« Papi Jo ! Mamie Rose ! »

Le garçonnet a toujours été bruyant, agité et maladroit. Rien d’étonnant à ce qu’il bouscule la vieille Ada.

« Pardon m’dame ! s’excuse le petit en se retournant sans ralentir sa course. »

La vielle Ada, après s’être rétablie sur sa canne, marmonne ne russe une quelconque malédiction. Danny rentre sa tête dans ses épaules, comme si les mots étaient des calottes qu’il esquivait.

« Maman vous a réservé les meilleures places ! annonce t-il fièrement. Comme Janna est toute petite, il fallait qu’elle soit tout devant pour bien voir. »

Il coule un regard sur la petite. Elle observe ses bois avec crainte.

A l’entrée de la petite école, avec une indifférence forgée dans l’habitude, les parents passent devant une plaque commémorative légèrement oxydée. Elle porte les prénoms de deux fillettes. En dessous, les terribles dates.

A nos enfants disparues

Margareth Lily
1925 -1934 1997- 2003

Tous les villageois se sont entassés dans la modeste salle de spectacle de l’école. Sur la petite scène, le décor de papier et de carton figure une forêt enneigée. En quelques mots, la directrice explique que les enfants vont interpréter une histoire qu’ils ont eux-mêmes écrit, celle de Jeff, un petit renne dont le rêve était de devenir renne du Père Noël.
Les scénettes s’enchainent. Janna murmure des questions en tirant sur le chandail de son père. Puis c’est le grand moment de Danny. Il interprète Bambi, le meilleur ami du loup végétarien. A eux deux, ils renversent la sorcière hors du traineau du Père Noël et sauvent les cadeaux de tous les enfants.

Dans le fond de la salle, des adolescents s’esclaffent.

« C’est Ada ! disent-ils. Elle est habillée pareil ! »

« Elle a la même verrue ! »

« Je suis sûr qu’elle sent aussi mauvais et qu’elle aussi elle mange des petites filles ! »

Leurs rires idiots sont vîtes réprimandés par une maîtresse de l’école. Papi Jo hoche la tête. A leur décharge, c’est bien vrai que la sorcière du spectacle ressemble à la vieille Ada. Celle-ci, sa mâchoire inférieure glissant de gauche et de droite, fusille la scène du regard. Avec sa robe sombre et rapiécée, son jupon sale et ses mitaines trouées, la vieille Ada est un crève cœur.

Les parents applaudissent. Ses bois de renne sont un peu bancals à présent, mais Danny est rayonnant de joie.

Sur le chemin du retour, Janna croque à pleines dents la pomme d’amour achetée à la sortie de l’école par papi Jo. Danny galope devant eux, puis il revient en courant. Il crie, il rit, il demande à tout le monde s’il était bien.

« Tu étais fantastique ! lui assure Jenny. »

En passant devant la maison de la vieille Ada, ils l’aperçoivent dans sa cuisine illuminée. Elle marmonne en laissant couler un thé noirâtre et fumant du robinet de son samovar doré. Papi Jo lui sourit et hoche la tête, même si elle ne le voit pas.

Danny et Jenny leur font de grands signes avant de disparaitre au bout du chemin.

Puis ils rentrent au logis, tous les quatre.


Le lendemain matin, Janna ne peut pas quitter le lit. Mamie Rose pose sa vieille main ridée sur son front brûlant.

Lorsqu’il arrive pour l’emmener en balade, Danny est déçu. Ils avaient prévu de descendre jusqu’au champ de papi Jo avec le renne-poney et le pickup-traineau.

« C’est à cause de la vieille Ada, décrète-il au pied de son lit. Elle a ensorcelé Janna. »

« Tu dis des bêtises, Danny, le rabroue mamie Rose en bordant bien Janna. »

Lorsqu’elle quitte la pièce, Danny vient immédiatement au chevet de la petite fille.

« Janna, lui dit-il. Surtout, si la vieille Ada vient te voir dans son samovar et te demande de venir avec elle, tu ne dois pas la suivre. C’est une sorcière qui aime manger les petites filles. »

« Danny ! crie sa mère venue le chercher. Je ne veux pas t’entendre dire des choses pareilles ! »

Puis elle se tourne vers Janna et lui caresse le front pour la rassurer.

« Ne t’inquiète pas ma chérie. Les sorcières n’existent pas. Danny raconte des histoires pour t’impressionner. »

Les grands yeux noirs de la petite ne quittent pas Danny. Il a le visage grave.

« Repose toi, mon ange, lui chuchote Jenny en quittant la chambre avec son garçon. »

Dans le couloir, elle s’accroupit face à lui.

« Je ne veux pas que tu fasses comme les jeunes benêts du village. Ne raconte pas de méchancetés sur la vieille Ada. Imagine comme cela doit lui faire de la peine, à cette pauvre vieille dame, d’entendre dire qu’elle aime manger les petites filles et de voir que les enfants ont peur d’elle ! »

« Mais maman, c’est une vraie sorcière ! C’est elle qui a mangé Margareth et Lili. »

« Où as-tu entendu toutes ses bêtises ? souffle Jenny, consternée.  Aller vient, on rentre à la maison. »


La nuit est tombée sur le petit village de campagne. Janna est toujours alitée. Mamie Rose a mis une bouillotte dans son lit. Pourtant, la petite fille sent comme un vent glacé sur son visage fiévreux. Péniblement, elle ouvre les yeux.

La fenêtre de sa chambre est ouverte. On n’entend pas un bruit. Ses membres sont lourds et ses paupières ne demandent qu’à retomber. Avec effort, elle sort de ses couvertures et va fermer la fenêtre.

Lorsqu’elle se retourne pour regagner son lit, elle n’est plus dans sa chambre mais dans une sombre forêt. Elle entend des feuilles bruisser, des branches craquer et des chouettes hululer. Elle a peur.

Soudain, les pas d’un gros animal.

Janna scrute les arbres en reculant jusqu’à ce que son dos rencontre l’écorce rugueuse d’un sapin. Là, sous ses yeux, un énorme samovar doré sort d’entre les troncs. Il avance de façon grotesque sur deux grandes pattes de poule fléchies. A son bord, la vieille Ada. Seule sa tête et ses épaules dépassent de l’infernale machine. Elle lui adresse un sourire inquiétant.

« Viens, ma mignonne, lui dit-elle en lui tendant les bras, dévoilant de grandes dents pointues. »

Janna, sans pouvoir s’en empêcher, fait un pas vers la sorcière.

« Souviens-toi de Danny, murmure le sapin derrière-elle. »

Alors Janna se souvient et recule à nouveau contre le tronc.

« Viens donc, ma mignonne, lui demande une nouvelle fois la vieille Ada. »

Mais Janna refuse. Elle secoue la tête. Le samovar avance toujours vers elle. Il est tout prêt maintenant et la main griffue de la sorcière se tend pour l’attraper. Alors la petite hurle de toutes ses forces. Elle sent les ongles sales lui entailler la joue puis…

Puis elle se réveille dans son lit. Son papa est là. Il lui dit que tout va bien. Elle se jette dans ses bras.

« C’est Ada, la sorcière. Elle est venue me chercher ! débite-t-elle à toute vitesse. »

« Elle a fait un cauchemar à cause de cette fripouille de Danny, explique mamie Rose en entrant dans la chambre. »

Janna redresse la tête qu’elle avait enfouit contre la poitrine de son père.

« Elle voulait me manger, mamie ! soutient-elle. »

Mamie Rose fronce les sourcils. Elle s’approche et prend le menton de la petite fille dans sa main.

« Tu t’es tellement débattue que tu t’es griffé la joue, constate-telle. Je vais m’occuper de ça. »

Alors qu’elle part chercher de quoi la soigner, Janna voudrait lui dire que c’est la vieille Ada qui lui a fait ça. Mais son papa reprend déjà :

« Tu n’as rien à craindre ici avec papi, mamie et moi. Je ne laisserai jamais personne te faire du mal, ma chérie. Tu es en sécurité. Ce n’était qu’un mauvais rêve. »


Trois jours plus tard, c’est la veille de noël.

La fièvre de Janna est tombée. Sur les flancs du pickup, papi Jo a fixé les grands panneaux de bois en forme de traineau. C’est mamie Rose qui les a peints. Harold, le poney, s’est vu attifé d’une paire de bois, ficelé à sa bride. Sur sa selle, Jenny a attaché des grelots.

Et voilà le fol attelage parti. Mamie Rose est au volant du pickup-traineau. Sur le siège passager, papi Jo a revêtu sa fausse barbe blanche et sa chemise rouge. Il a même coincé un coussin en-dessous pour se faire un gros ventre. Dans la remorque, installés sur de gros pneus, Jenny et Jack sont emmitouflés dans de gros manteaux. Enfin, à l’avant, Danny et Janna, tout en doudounes, échappes et bonnets, sont juchés sur le renne-poney. C’est Danny qui tient les rennes, assis derrière Janna.

Les fenêtres du pickup sont ouvertes. Papi Jo a mis dans l’autoradio une vieille cassette que Jack écoutait déjà durant les noëls de son enfance. Les chansons traditionnelles s’enchainent sur le chemin qui mène au champ de Papi Jo. Et les enfants, bientôt repris par leurs parents, chantent à tue tête Jingle Belles, O Holy night, The little drummer boy et bien d’autres encore. Janna, qui ne connait pourtant pas les paroles, chante aussi fort que tout le monde, singeant Danny.

Dans le champ de papi Jo, Danny est autorisé à pousser Harold au trot. Secouée de toute part, Janna rit à n’en plus finir. Jack prends des photos. Il immortalise Janna dans les bras de papi-Jo-Père-Noël, Jenny et mamie Rose assises sur le capot du pickup-traineau, Danny serrant Harold dans ses bras. On fait même une photo de groupe, l’appareil photo posé en équilibre sur un poteau de la clôture du champ.

En fin d’après midi, tout le monde est au chaud dans le salon et mamie Rose sert du chocolat chaud et des biscuits. Cette fois, Janna mange le sien comme tout le monde.

Pour le réveillon, Mamie Rose et Jack cuisinent un fabuleux dîner.
Papi Jo, Danny et Janna s’occupent du feu de cheminée et Jenny installe un matelas pour son fils dans la chambre de Janna. Ce soir, tout le monde dort ici.

Après le repas, ils vont ensemble à la messe de minuit. Avec ferveur, Danny fait une prière :

« Monsieur le Bon Dieu, s’il vous plait, faites que la vieille Ada ne mange pas Janna qui est la petite fille du désert la plus mignonne de la terre. Si vous protégez Janna, je promets d’être encore plus sage que maintenant. Amen.»

Sur le chemin du retour, Jenny propose qu’ils aillent tous ensemble à la patinoire le lendemain. Les enfants sont fous de joie. Ils courent et sautillent sur la route. Mais, en passant devant la maison de la vieille Ada, ils se calment instantanément. Toutes les lumières sont éteintes. Papi Jo secoue la tête.
Les enfants chuchotent.

« Danny, comment elle fait la sorcière pour entrer dans son samovar ? »

« Je ne sais pas. Dans le désert, vous avez des lampes magiques qui renferment des génies. Et bien en Russie, c’est pareil avec les théières, sauf qu’elles renferment des sorcières. »

Janna n’a jamais vu personne sortir d’une lampe. Mais peut-être que si Danny le dit…

Après le traditionnel lait de poule, tout le monde va au lit. Janna et Danny sont si fatigués qu’ils s’endorment sans discuter.

Mais dans la nuit, un petit vent glacial réveille Danny. La fenêtre de la chambre est ouverte et Janna n’est plus dans lit. Sans attendre, il bondit sur ses pieds et se précipite à la fenêtre. En bas, dans le jardin, il voit Janna dans son pyjama bleu. Elle marche comme un automate vers le grand samovar à patte de poules où la vieille Ada lui tend les bras.

« Non Janna ! Non ! lui hurle t-il. »

Mais cette fois, le charme est trop fort et Janna continue d’avancer. Elle se laisse attraper par la sorcière qui la hisse avec elle à l’intérieur du samovar. Danny entend le rire de l’affreuse bonne femme.

Sous la théière, les pattes de poule se rétractent. A l’arrière, le robinet se met à crachoter une épaisse fumée noire. Cahin caha, le samovar décolle dans les airs. Il s’élève de plus en plus haut et commence déjà à s’éloigner.

Danny est désespéré. Le temps qu’il aille réveiller qui que ce soit et il sera trop tard.

« S’il vous plait, se met-il à prier, monsieur le Bon Dieu, Bonne Etoile, Père Noël, n’importe qui ! Sauvez Janna ! Ne laissez pas la vieille Ada l’emmener ! »

Mais le samovar doré s’éloigne toujours plus.

« Janna ! Janna ! hurle à présent Danny, de grosses larmes coulant sur ses joues. »

C’est alors qu’il entend un bruit singulier. Ce sont…des grelots !

« Oh ! Oh ! Oh ! fait une voix dans le ciel. »

Les yeux de Danny fouillent parmi les étoiles. Emerveillé, il voit le traineau du Père Noël tiré par ses neufs rennes : Tornade, Danseur, Furie, Fringant, Comète, Cupidon, Tonnerre, Eclair et, à leur tête, reconnaissable entre tous avec son nez rouge comme un luminion, Rudolphe.

Le traineau avance à toute vitesse, plus rapide qu’une étoile filante et…

BOUM !

Il percute le samovar. La théière valdingue et fait des loopings dans le ciel. La sorcière pousse un cri ridicule et se cramponne de toutes ses forces aux rebords de l’engin. Janna, elle, ne parvient pas à s’accrocher. Danny la voit chuter dans le ciel et l’entend hurler de terreur.

Et puis soudain, elle s’écrase sur la hotte du Père Noël, à l’arrière du traineau. Danny relâche le souffle qu’il retenait jusque-là, un petit nuage de buée blanche s’échappant de sa bouche.

Dans un silence irréel, le traineau du Père Noël se pose sur le toit. Danny se tord le coup pour tenter de l’apercevoir. Lorsqu’il entend des pas sur les tuiles, il se précipite dans le salon en dévalant les escaliers et s’arrête devant la cheminée.

Ça s’agite dans le conduit et le Père Noël atterrit, ses bottes bien plantées dans l’âtre refroidi. Il tourne le dos à Danny et tend ses bras au-dessus de lui.

« Saute, n’aies pas peur ! dit-il à Janna. »

Et surement qu’elle saute car il voit les bras du Père Noël se refermer sur elle. Puis il se retourne enfin et son visage plein de bonté, ses yeux pétillants de malice ne trompent pas. C’est bien lui. C’est le Père Noël !

« Maintenant, il est l’heure d’aller se coucher mes petits, leur dit-il. »

C’est bien vrai qu’ils sont fatigués. Ils baillent à grandes bouches.

« Bonne nuit, Père Noël, disent-ils en montant les escaliers pour regagner leurs lits. »

« Joyeux noël, mes petits. »


Le lendemain matin, les cadeaux sont là, au pied du sapin. Toute la famille se regroupe en pyjama autour de l’arbre pour défaire les rubans et déchirer les papiers chatoyants. Mamie Rose a préparé des pancakes pour tout le monde. Danny et Janna racontent leur aventure.

« La vieille Ada est revenue chercher Janna dans son samovar ! »

« Oui ! On s’est envolé dans le ciel ! »

« Mais paf ! Le traineau du Père Noël est arrivé et a renversé le samovar ! explique Danny en imitant la scène avec ses mains, les faisant claquer au moment de l’impact. »

« Il s’en passe des choses dans cette petite tête, s’amuse Jenny en lui caressant les cheveux. »

Personne ne veut se fâcher le jour de noël. Les remontrances au sujet de la vieille Ada seront pour une autre fois.

En début d’après midi, comme promis, tout le monde part pour la patinoire. Ni le pickup, ni la petite voiture bleue de Jenny ne peuvent transporter tout le monde. Alors on prend les deux. Papi Jo, mamie Rose, Janna et Danny se serrent dans le pickup. Mais les petits ont insistés, alors… Jenny et Jack partent ensemble. La voie libre, mamie Rose s’engage en marche arrière sur le chemin de gravas. Quelques instants plus tard, le pickup cahote et tout le monde se retient où il peut pour ne pas se cogner.

Papi Jo et Danny descendent voir de quoi il s’agit. Le pneu est crevé. Et là, sous la voiture, un éclat doré. Papi Jo se penche et dégage l’objet sur lequel mamie Rose a roulé.

Il secoue la tête.

Entre ses mains se trouve le samovar doré de la vielle Ada. Il est tout cabossé.



02/01/2017
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